Entre Nietzsche et Molière. 5 5 26
Partager | 
 

 Entre Nietzsche et Molière.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


► Fiche Avatar ◄
• Niveau: 1
• Expérience:
5/25  (5/25)
• Compétences:

Messages: 43
Kinies: 360
Réputation: 37
Date d'inscription: 16/02/2012
Localisation: Eden... dans le Nord.


MessageSujet: Entre Nietzsche et Molière. Jeu 16 Fév - 12:19

Réveillé de bonne heure pour assister à ses cours de la matinée, Sloan avait, comme à son habitude, garder une concentration optimale durant les quatre heures durant. Cours de littérature comparée, de linguistique et de deux heures de philosophie. Sa main n'avait cessé de griffonner des notes au crayon bien taillé, sourd aux bavardages de ses camarades de classe. Quelle bande de primates. Leurs parents dépensaient une somme monstrueuse pour payer de telles études et ils ne s'en montraient pas reconnaissants. Ils doublaient, redoublaient, accumulant la fatigue lors de fêtes abusives. Il savait très bien que certains se droguaient, même. Quelle bande d'immatures. Eux, l'avenir du monde ? La bonne blague.

La dernière heure terminée, le professeur de philo' criant encore ses dernières recommandations comme quoi la prochaine interrogation porterait sur Nietszche, un brouhaha désagréable emplit les couloirs de l'Université. Sloan détestait ce bruit assourdissant de rires, de bousculades, d'appels d'un bout à l'autre d'un hall... Il secoua la tête doucement de gauche à droite, fit de son mieux pour rendre son soupir discret et se retint de planter un doigt dans chaque oreille. Convaincu de faire une preuve d'un immense courage, il affronta la foule et la traversa. Une fois sorti du bâtiment principal, il dut encore vaincre sa misanthropie dans une autre foule qui s'étendait devant l'entrée de l'établissement. Cinq minutes après, enfin, il put respirer. Les jeunes gens s'éparpillèrent de plus en plus et il prit la direction de la prestigieuse bibliothèque du quartier, le cœur battant moins vite à son grand soulagement. Sa nervosité disparut totalement lorsque la cathédrale littéraire s'étendit sous ses yeux bleus. Le vent lui sembla porter une magnifique odeur de vieux livres. Tout sourire, le pied léger, il pénétra dans la bibliothèque. A l'intérieur, il se dirigea aussitôt à une place vide après avoir poliment salué le personnel, qui le connaissait très bien, depuis des années en fait. Il s'installa à une table entre la rangée M et N.

Une fois assis confortablement, il sortit ses cahiers sur la philosophie et parcourut rapidement son cours et ses propres notes. Il soupira. Sloan connaissait déjà Friedrich Nietzsche depuis quelques années et ce que disait le professeur à son sujet était troué de lacunes. Agacé d'une telle médiocrité venant d'un enseignant, il se décida à rendre un devoir détaillé comme jamais. Le rouquin dégagea une mèche qui lui chatouillait le front, se leva et alla chercher plusieurs livres sur le philosophe allemand. Il revint avec deux énormes bouquins et une plus fin et souple. Une fois réinstallé, il se mit à l'ouvrage de sa rédaction...

D'abord, il décrivit en quelques lignes bien construites la biographie de l'homme du IXème siècle. Très vite, il passa à une description précise des principaux sujets abordés par l'allemand et, arrivé à la partie où il devait expliquer l'avis de Nietzsche sur un sujet bien particulier et ensuite donner le sien dessus, il ouvrit l’œuvre « Menschliches, Allzumenschliches » (« Humains, trop humains »). S'ensuivit plus de trois pages manuscrites...

Alors que son stylo grattait la troisième page de son devoir, une personne de sexe féminin débarqua dans la grande pièce, entre la rangée du M et du N. Une jolie jeune fille aux cheveux lisses et roses, aux yeux mélancoliques. Ceci dit, trop plongé dans ce qu'il exécutait avec l'application qui lui valait son titre envié de premier de classe, il ne vit pas cette fille arriver près de lui, ni même l'ombre qu'elle lui fit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


► Fiche Avatar ◄
• Niveau: 1
• Expérience:
18/25  (18/25)
• Compétences:

Messages: 44
Kinies: 366
Réputation: 42
Date d'inscription: 11/02/2012
Localisation: perdu dans ses pensée


MessageSujet: Re: Entre Nietzsche et Molière. Jeu 16 Fév - 13:54

La journée avait commencé vraiment mal, pour ne pas dire atrocement. Ayant cour à 12h la jeune femme avait préparé un réveil vers 10h histoire de pouvoir prendre une douche et étudier un peu son examen de littérature. Déjà qu’elle ne pouvait supporter ce cours et encore moins le professeur qui le donnait, le livre à lire avait été des plus ennuyeux qu’il soit. Quoi qu’il en soit, pour comble de malheur, le réveil matin ne sonna pas. Par chance Sasha ouvrit les yeux vers 11h30, se réveillant totalement paniqué par le gros 12 : 00 qui s’affichait sur son cadran. Se ruant sur son cellulaire en priant que tout ceci n’était qu’une mauvaise plaisanterie elle vit l’heure et fonça à la douche sans attendre une seule seconde. Ne prenant même pas le temps de se sécher les cheveux elle courut jusqu’à la classe mais arriva devant une porte fermé. Le professeur aurait laissé entrer n’importe qui d’autre, mais n’aimant pas beaucoup la jeune fille aux cheveux rose qui avait refusé ses avances quelques semaines au par avant, il fit mine de l’ignorer. Voyant que c’était peine perdu, elle soupira en se dirigeant vers la bibliothèque.

Doucement, sans un bruit elle entra dans l’immeuble imposant se sentant tout d’un coup mieux. Elle adorait venir dans ce coffre fort du savoir pour y découvrir toute sorte de nouveautés ou encore explorer les civilisations passé. Mais aussi car elle avait beaucoup de chance de rencontrer une personne très spéciale pour elle, Sloan. C’était son meilleur ami, une personne qu’elle estimait énormément et qui avait une place trop importante à son gout dans sa vie. C’était bien cela le problème, elle qui s’était juré de ne plus laissé de gens entrer dans sa vie pour ne pas les perdre était depuis plus d’un an tombé amoureuse de ce rouquin aux yeux bleu. Un amour impossible et elle le savait, si par malheur elle lui laissait voir qu’elle avait des sentiments pour lui elle finirait par le perdre et en souffrirait énormément. C’était pour cette raison que Sasha cachait ses sentiments derrière un masque d’amitié impossible à mouvoir. Lorsqu’elle le touchait elle faisait exactement comme avec n’importe qui, gardant une distance sentimental entre elle et lui. Mais, au fond d’elle, son cœur se mettait à battre à la chamade et elle avait le gout de sauter au plafond juste à l’idée de passer du temps dans ses bras. Lorsqu’elle passa la lettre A l’on put l’entendre échapper un long soupire. Elle se trouvait tellement conne de penser à lui alors qu’au final rien ne pouvait se passé. Elle était loin d’arriver à la cheville de son ami qui était si intelligent et si parfait. Déjà elle prévoyait un beau sermon lorsqu’il apprendrait qu’elle n’avait pas été à l’examen pour une raison aussi minable. Au final elle faisait bien de ne pas lui avouer ses sentiments, il lui fallait quelqu’un d’intelligent, de vif d’esprit et qui n’avait pas autant de faiblesse qu’elle.

Ses cheveux toujours aussi détrempé, elle arriva tranquillement à la rangé M, voyant celui qui lui faisait perdre tout sens logique en train d’étudier un vieux livre. Elle s’approcha doucement de lui, examinant le livre qu’il lisait sans dire un mot. Arrivant juste derrière lui elle s’aperçue que le livre traitait de Nietzche, un petit sourire se dessina à ses lèvres lorsqu’elle repensa à la seconde partit du dix-neuvième siècle et les avancements que la terre connu lors de la révolution industrielle qui avait pris naissance en Angleterre. Mais en ce moment c’était en Allemagne que celui qu’elle aimait secrètement se trouvait en pensé, cette terre à l’accent si dur et qui fut le témoin de tant de cruauté après la mort du philosophe. Elle finit par s’approcher de lui doucement, ne réalisant pas que ses cheveux totalement mouillé pouvaient dégoûter sur ses épaules et dit d’un chuchotement.

-Allemagne, 15 octobre 1844 au 25 août 1900, Friedrich Wilhelm Nietzsche n’est pas un philosophe que j’apprécie mais il fit beaucoup parler de lui après sa mort et trop peu pendant son vivant. Personnellement j’ai toujours eu du mal avec ses théories et le Nihilisme, mais il semblerait que tu le comprennes très bien, comme d’habitude quoi. Sinon tu vas bien Sloan?

Leur visage était très près l’un de l’autre et elle faisait tout pour ne pas rougir ni perdre son calme. Bien sur il aurait été simple de mettre un peu de distance pour avoir un meilleur contrôle mais au final la jeune femme aimait trop ce rapprochement entre les deux jeunes adultes qu’ils étaient pour le briser. Même si son cœur semblait vouloir sortir de sa poitrine.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


► Fiche Avatar ◄
• Niveau: 1
• Expérience:
5/25  (5/25)
• Compétences:

Messages: 43
Kinies: 360
Réputation: 37
Date d'inscription: 16/02/2012
Localisation: Eden... dans le Nord.


MessageSujet: Re: Entre Nietzsche et Molière. Jeu 16 Fév - 14:26

Plic, ploc... Sur le vieux livre craquelé de « Humains, trop humains », des gouttes d'eau tombaient doucement. Plic, ploc. Sans entendre sa voix, Sloan sut que c'était elle. Son cœur manqua un battement, et alors qu'elle se mit à parler, ses joues s'empourprèrent violemment. Fort heureusement, elle était dans son dos et ne pouvait voir ses yeux étinceler et ce rouge gênant colorer son visage, serein ou grognon habituellement. Il s'efforça de prendre une mine détachée, et se retourna. A moins que son léger bafouillement qui ponctua le début de sa phrase ne le trahisse, rien ne laissait entrevoir les palpitations accélérées du sang dans ses veines.

« Ce n'est pas que je l'apprécie spécialement non plus, mais nous l'étudions, en ce moment, et puis, tu sais, s'intéresser à un maximum de choses sur un thème permet de comparer et de se faire une idée personnelle de la chose. On ne peut décemment parler de philosophie sans avoir étudié les plus grands, tel que Socrate... C'est comme parler de l'art flamand sans avoir vu des œuvres de Van Eyck ou bien Bosch. »

Il jeta un œil à sa copie, suçota le bout déjà bien grignoté de son stylo-bille, les sourcils froncés, puis écrivit à la va-vite une phrase. Ensuite, pressé de se concentrer uniquement sur Sasha, il rangea soigneusement ses manuscrits dans sa farde plastifiée noire, rangea son bic dans une cassette métallique couvertes d'une écriture elfique à la Tolkien et fourra le total de ses affaires scolaires dans sa besace sombre. Sloan fit reculer sa chaise qui racla le sol bruyamment, s'excusa rapidement auprès des autres personnes en pleine lecture, attrapa les livres de la bibliothèque sur le philosophe allemand et fit face à Sasha. Il la dépassait d'une bonne tête. Il dut se retenir de la dévisager, comme c'était le cas quasiment tous les jours où ils se voyaient... Tous les jours de l'année, donc. Si ce n'était pas dans la vraie vie, ils se voyaient tous de même dans Creatures. Ca revenait au même, pour la jeunesse actuelle. Sloan dit à Sasha de patienter deux secondes, le temps de remettre les ouvrages sur Nietzsche à leur place, s'exécuta et revint auprès d'elle.

« Comment ça s'fait que tu as les cheveux trempés ? Ne me dis pas que tu t'es encore levée en retard... Tu avais examen aujourd'hui, non ? De littérature, si j'me souviens bien... Je t'ai aidé à étudier avant-hier. »

A peine eut-il fini sa phrase qu'il regretta quelque peu ses paroles. Pourquoi la réprimandait-il tout le temps ? Elle devait en avoir marre... Un jour, elle ne voudra plus le voir, lassée de ses remarques de papa poule, de grand frère collant, de meilleur ami moralisateur. Elle devait le traiter silencieusement de sale petit premier de classe prétentieux, oui, certainement. L'espace d'un instant, il eut l'air dérouté, comme blessé, par une réflexion de Sasha qu'il imaginait et crut bêtement tout à fait possible. Il toussa brièvement, perturbé. Quel idiot.

« Soit... On... on s'en fout. Il fait beau aujourd'hui. Tu es venu me déranger pour une raison en particulier ? »

Déranger ? Depuis quand Sasha le dérangeait-il ? L'étudiant roux voulut se gifler de toutes ses forces d'intello. Tous les noms d'oiseaux ne suffiraient pas à traduire la profonde connerie qui venait de le pousser à dire une chose aussi stupide. Il détourna la tête, fixant droit devant lui, se mordant la lèvre inférieure discrètement. Abruti, abruti, abruti.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


► Fiche Avatar ◄
• Niveau: 1
• Expérience:
18/25  (18/25)
• Compétences:

Messages: 44
Kinies: 366
Réputation: 42
Date d'inscription: 11/02/2012
Localisation: perdu dans ses pensée


MessageSujet: Re: Entre Nietzsche et Molière. Jeu 16 Fév - 15:04

Il se leva et alla ranger son livre rapidement après avoir remarqué sa présence. Ce geste toucha réellement la jeune femme qui accordait beaucoup d'importance au jeune homme. Puis il lui fit face, il faisait réellement une tête de plus qu'elle et cela était loin de lui déplaire. Au final, elle se sentait toujours en sécurité lorsqu'elle le savait près d'elle. Va savoir pourquoi sa présence pouvait lui donner tout le courage et la confiance dont elle avait besoin à certains moments. Mais à ce moment précis, elle avait peur de sa réaction, sachant bien qu'il avait passé tellement de temps à l'aider pour cet examen et qu'au final elle avait tout fait planter. À la première remarque, elle baissa le regard, affichant une mine honteuse à son interlocuteur. Ses cheveux vinrent couvrir son visage naturellement comme s’ils avaient compris qu'elle ne se sentait pas capable de faire face à cette honte d'elle-même qui la rongeait quand il lui rappelait ce genre de détail. Elle savait bien qu'il ne pouvait pas être fier d'elle. Peu à peu elle recula d'un pas en disant à mi-voix.

-Mon réveil n'a pas sonné, je ne pouvais pas partir sans prendre de douche vu que j'avais étudié toute la nuit. Je suis arrivé deux minutes en retard... Et Deschamps, il fait tout pour me faire chier depuis que j'ai refusé de coucher avec lui. J'en ai vraiment assez de ses remarques à la con pour me faire passer pour une conne. Si ça continue comme ça va être couché avec lui ou échouer mon année.

Juste à l'idée d'être touché par ce gros pervers un long frisson la parcourut de la tête aux pieds. Ce frisson était des plus visible pour son ami qui la connaissait si bien. C'est alors qu'elle réalisa ce qu'elle venait de se dire, totalement conne se disait-elle. Baissant de plus en plus la tête elle se disait qu'il allait la prendre pour une vraie pute, qu'elle finirait par devenir exactement comme toutes ces filles qu'il répugne et fuit comme la peste. En même temps c'était vrai, ce prof avait bel et bien décidé de l'emmener dans son lit coute que coute et elle en avait réellement peur. Pas peur d'être frappé ou d'avoir mal, mais bien la peur de rater son année et de ne pas pouvoir accéder au master en histoire de la renaissance. Ce master était tout pour elle depuis qu'elle avait eu ses cours d'histoire au collège. Cependant, ce cours de littérature était obligatoire pour accéder au master et il n'y avait qu'un seul professeur qui le donnait. Elle serra ses livres d'histoire contre elle pour mieux se contrôler et garder son calme à l'idée qu'il la jette comme une vraie merde. Au final il aurait bien raison, elle n'avait jamais pensé qu'elle valait vraiment plus qu'une merde, qu'une simple conne qui ne faisait que des erreurs.

-En même temps, je ne comprends pas vraiment ce qu'il me trouve... ce n’est pas comme si j'étais vraiment belle.

Elle le regarda une seconde sans plus, sachant très bien qu'elle avait raison, que personne ne pouvait vraiment la trouver belle. Puis il lui demanda la raison du pourquoi elle venait le déranger. Dérangé, il était occupé et elle le savait. Cherchant rapidement une raison valable en vain elle détourna le regard en rougissant quelque peu, le rose de ses cheveux cachant la douce rougeur. Puis elle dit d'une voix gênée.

-Je, je passais par là et j'ai pensé que. Non laisse, je ne veux pas te déranger. Désolé.

Elle tourna doucement les talons pour partir alors qu'elle n'hésitait pas à se traiter de conne en son for intérieur. Comment elle pouvait vraiment croire qu'une fille aussi ordinaire qu'elle pouvait réellement compter pour une personne aussi exceptionnelle que lui. Elle se mit à marcher d'un pas lent et silencieux, sachant que si elle accélérait le pas les talons de ses chaussures feraient un vacarme. Ses cheveux continuaient de dégouté sur ses épaules doucement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


► Fiche Avatar ◄
• Niveau: 1
• Expérience:
5/25  (5/25)
• Compétences:

Messages: 43
Kinies: 360
Réputation: 37
Date d'inscription: 16/02/2012
Localisation: Eden... dans le Nord.


MessageSujet: Re: Entre Nietzsche et Molière. Jeu 16 Fév - 15:31

Voilà un sujet qu'il ne fallait pas aborder, de la bouche de Sasha aux oreilles de Sloan, surtout. Parler de ce pervers qui tentait de coucher avec la majorité de ses élèves pas trop laides lui donnait envie de vomir son déjeuner. C'est avec une vraie grimace de dégoût qu'il écouta ce que dit son amie au sujet de ce répugnant professeur. Toutefois, il garda le silence. Lâcher ce qu'il pensait réellement pourrait trahir ses pensées profondes... Oh, non, il ne désirait pas craquer maintenant, sûrement pas, et ainsi dévoiler la nature de ses sentiments à Sasha ? Il n'avait tout simplement pas les couilles de le faire. De toutes les jeunes filles rencontrées jusqu'à aujourd'hui, peu lui avait plu comme Sasha, malgré son caractère désinvolte, son attitude parfois irresponsable comme ce matin... Son manque de sérieux... Peut-être que c'est de ça qu'avait besoin un jeune homme si droit et tant plongé dans ses études qu'il en oubliait de vivre sa jeunesse. Un peu de désordre. Et ce bordel-là, c'était Sasha qui l'amenait par petits bouts dans la vie monotone du garçon.

Sloan ne releva pas non plus ses plates excuses. Toujours la même rengaine. Ce n'est pas qu'il ne la croyait pas, mais il était las d'entendre toujours la même chose. Certes, le professeur ne l'aidait sûrement pas à réussir son année, mais si elle était arrivée comme les autres élèves de la classe, il n'aurait eu aucune raison de la refuser. Soit. Il était las, mais il supportait ces détails car, aussi étrangement que cela puisse paraître, ces moments-là étaient précieux à ses yeux...

Dommage qu'il ne put pas garder sa langue de serpent, des fois, derrière ses dents. L'irlandais avait beau maîtriser et jongler avec la magie du vocabulaire et de la grammaire, lorsqu'il s'agissait de Sasha, toute sa poésie s'envolait. Alors que c'était avec elle justement qu'il aurait du user de son charme, si on peut appeler ça ainsi... Elle bégaya, gênée, une réponse à sa réplique cinglante malgré lui, et pivota sur ses talons. Sloan la regarda bêtement, enfin, il fixa son dos qui prenait de plus en plus de distance entre elle et lui. A chaque pas, son cœur s'accélérait. Il ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit ; il ne pouvait pas crier dans une bibliothèque. Il eut vraiment l'air d'un poisson en ayant ouvert et puis refermé sa bouche sans prononcer un mot. Sans plus attendre, il trottina jusqu'à Sasha et lui déposa une main sur son épaule humide. Elle sentait bon le shampooing.


« Je... rigolais. »

Hésitant, il ajouta en essayant de paraître plus assuré :

« Quel est trop prochain examen, et à quelle heure ? Profitons-en pour réviser alors qu'on est ici, non ? Mais cette fois, promets-moi d'y aller ! Non, mieux ; je viendrais te réveiller... »

Tous les deux savaient très bien que pour venir réveiller Sasha, lui laisser le temps de se préparer et d'être ensemble à l'heure au premier cours de la journée, cela lui demandait de se réveiller lui-même une heure plus tôt. Malgré cette proposition généreuse, Sloan espéra sincèrement que le prochain examen de Sasha n'était pas à 8:20... Si oui, il devrait se lever effroyablement tôt...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


► Fiche Avatar ◄
• Niveau: 1
• Expérience:
18/25  (18/25)
• Compétences:

Messages: 44
Kinies: 366
Réputation: 42
Date d'inscription: 11/02/2012
Localisation: perdu dans ses pensée


MessageSujet: Re: Entre Nietzsche et Molière. Jeu 16 Fév - 20:32

Un pas, deux pas, trois pas, chacun de ses pas étaient chargés d'une énergie lourde et triste. À chaque fois que le talon de sa chaussure touchait le sol un petit clac se faisait entendre, ce clac distinctif des talons féminins. Avoir été seule une rivière de larme aurait coulé le long de son doux visage, mais jamais elle ne lui aurait montrer une telle faiblesse. Déjà, elle s'en voulait énormément de ne pas avoir pouvoir garder totalement le contrôle de ses émotions quand il était autour d'elle. Non, il était indéniable qu'elle devait se reprendre et lui montrer que ses répliques ne l'atteignaient pas. Il ne la retenait pas et, au final, c'était peut-être mieux ainsi. Elle sentait bien qu'il lui fallût prendre le temps de se reprendre et elle ne le pourrait pas tant qu'il lui parlerait de cette façon. Dans sa tête, le combat faisait rage, d'un côté elle voulait seulement partir et être seule et de l'autre elle se serait retournée pour lui dire qu'elle l'aimait avant de partir en courant pour qu'il n'ait pas besoin de lui dire que c'était impossible entre eux.

Puis d'un coup, elle sentit une main sur son épaule. Bien qu'il ne le sentit pas, ce contact sur son épaule dénudée fut plus intense qu'une décharge électrique. Elle était vraiment sur le point de craquer, tout allait se jouer sur les prochaines secondes qui allaient passer. Un seul mot, un seul geste cinglant et elle fondrait en larme, elle sentait bien, elle était bien trop affectée par sa présence. Elle n'était pas capable de porter ce masque de femme forte comme elle le faisait avec les autres. Comment allait-elle réagir s'il lui disait qu'elle prenait tout ça trop à coeur, qu'ils devaient prendre du recul et qu'elle prenne ses études au sérieux? Assurément, ce serai le coup fatal à lui donner, l'idée de s'éloigner de lui était plus intense qu'un coup de couteau chauffé à blanc droit dans le dos.

Puis, il lui dit qu'il rigolait, d'un ton peu assuré. Elle l'avait senti dans sa voix, il s'en voulait de l'avoir blessé, elle était importante pour lui. Tout au fond d'elle ce sentiment de courage et de sécurité qu'il était capable de lui donner si facilement refit surface. Par chance, elle était dos à lui, un immense sourire se dessina sur son visage alors qu'elle sembla sentir qu'une chaleur intense lui réchauffait le coeur. Elle se reprit facilement, cachant ce sourire et cet air amoureux avant qu'il ne se doute de quelque chose. Elle se retourna avec un gout intense de l'embrasser, mais rien d'autre qu'un regard contrôlé sans un mot. Il lui demanda la date de son prochain examen, qu'il viendrait la réveiller s'il le fallait. Elle y pensa tranquillement et s'aperçut qu'elle n'avait jamais manqué un seul cours ou examen sauf lors du cours de littérature. Elle le regarda et lui sourit doucement. Comment pouvait-elle ne pas sourire face à lui? Il ne le réalisait pas, en fait il ne l'avait jamais réalisé, mais face à lui elle perdait tous ses moyens. Alors que le sujet était des plus sérieux, elle ne pouvait faire autrement que de s'imaginer étudier dans ses bras. Puis elle reprit ses esprits et lui dit d'une voix détachée.

-Je n'ai pas d'examen de littérature avant plusieurs semaines et tu sais bien que mes cours d'histoire je ne les manque jamais. Je n'ai même jamais étudié pour un examen d'histoire et j'ai une moyenne de 19.5 sur 20. C'est juste ce foutu cours de littérature qui fait littéralement rager, je n'en peux plus de ce cours de merde.

Puis elle laissa échapper un petit rire.

-Tant qu'à faire, une heure pour venir me réveiller vient dormir chez moi hein.

Elle détourna le regard immédiatement en réalisant qu'elle s'était trahie sans le vouloir avec une phrase aussi idiote. Il savait bien qu'elle n'avait jamais invité un garçon a dormir chez elle, même lors du vivant de ses parents. En fait, il devait être le seul à le savoir, mais elle était encore vierge. Elle n'avait même jamais embrassé de sa vie en fait. Même si elle ne le montrait pas aux gens, elle était l'une de ces grandes romantiques qui attendaient l'unique pour se donner à lui, peu importe le temps que cela prendrait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


► Fiche Avatar ◄
• Niveau: 1
• Expérience:
5/25  (5/25)
• Compétences:

Messages: 43
Kinies: 360
Réputation: 37
Date d'inscription: 16/02/2012
Localisation: Eden... dans le Nord.


MessageSujet: Re: Entre Nietzsche et Molière. Jeu 16 Fév - 21:10

Sloan sourit, un grand soulagement pouvait se lire sur son charmant minois encadré de cheveux roux en bataille. Ses yeux bleus se plissèrent, formant les rides du bonheur à leurs coins. Il dut se retenir de souffler, longtemps, pour laisser couler la pression d'auparavant. Il avait, bizarrement, redouté qu'elle ne refuse de se retourner et s'en aille pour de bon. Heureusement, elle accepta de lui faire face à nouveau. Elle semblait elle aussi très contente... N'avaient-ils pas l'air démesurément heureux ? Ces mines ravies s'illuminaient mutuellement. On aurait dit une personne se regardant dans un miroir tant leurs sourires étaient similaires. Sasha ouvrit la bouche, sa petite bouche adorable, et dit :

« Je n'ai pas d'examen de littérature avant plusieurs semaines et tu sais bien que mes cours d'histoire je ne les manque jamais. Je n'ai même jamais étudié pour un examen d'histoire et j'ai une moyenne de 19.5 sur 20. C'est juste ce foutu cours de littérature qui fait littéralement rager, je n'en peux plus de ce cours de merde. »

Cette remarque, quoique vulgaire sur ce visage poupin, le fit sourire encore plus. Elle parlait différemment de lui, il n'avait pas toujours apprécié cette façon un peu grossière d'exprimer ce qu'elle voulait dire. En fait, ils étaient assez différents, tous les deux. Pourtant, au fil du temps, ce trait de personnalité de la jeune fille avait fait son quotidien et il ne s'en choquait plus. Ça faisait partie d'elle. Il l'aimait, avec ce petit défaut que beaucoup d'adultes reprochaient.

Sloan allait répliquer que, OK, pas besoin de se voir dans ce cas, qu'elle lâcha une phrase souligné d'un rire spontané. Une phrase qui laissa le jeune homme perplexe, ne sachant pas trop comment prendre ces paroles. Etait-ce une proposition dissimulée ? Il n'osait croire que Sasha s'y oserait, il savait qu'elle était encore vierge... Ou alors était-elle vraiment si innocente qu'en l'invitant à dormir, elle ne sous-entendait rien du tout et pensait réellement qu'ils ne feraient que dormir après avoir réviser ses cours. Ou alors, ce n'était qu'une blague, un peu coquine, mais rien qu'une blague. L'étudiant resta un long moment silencieux, ne sachant même pas s'il devait répondre sérieusement ou rire. Finalement, une expression sardonique s'afficha sur son faciès, et il dit, moqueur :


« J'espère qu'il n'y a que moi qui te fait réviser si tu proposes ça à chaque fois ! »

Boulette. Sloan resta interdit, choqué par sa propre réplique. Toutefois, il ne laissa pas un blanc s'installer entre eux et rajouta aussitôt :

« Nous verrons bien à ce moment-là, hein... Si j'ai bien compris, tu n'as pas trop la tête aux études maintenant. Tu veux peut-être te connecter sur Creatures ? Cela fait trois jours, pour ma part, que je n'ai plus délaissé Sloan pour devenir Vilhelm... »

Un certain trouble s'était visiblement installé entre eux, un trouble qui fit naître de multiples questions dans la tête du rouquin. Ce n'était pas la première fois que des phrases d'apparence anodines, sous une couverture humoristique, étaient prononcées entre eux. Mais cette fois-ci, ces réflexions ressemblant à des sous-entendus maladroits et dissimulés aussitôt après avaient vraiment laisser un goût amer à Sloan. Il ne désirait pas s'aventurer sur cette voie, pas maintenant. C'est pour cela qu'il avait directement changer de sujet et avait évoqué Creatures, distillant le malaise avec brio en parlant de leur passion commune, la passion en commun de tous les jeunes gens d'Eden d'ailleurs.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


► Fiche Avatar ◄
• Niveau: 1
• Expérience:
18/25  (18/25)
• Compétences:

Messages: 44
Kinies: 366
Réputation: 42
Date d'inscription: 11/02/2012
Localisation: perdu dans ses pensée


MessageSujet: Re: Entre Nietzsche et Molière. Ven 17 Fév - 10:56

Elle était vulgaire de temps à autre oui, elle l'avait toujours été, mais ce trait de personnalité venait d'une partie de sa vie qu'il n'avait jamais connu, qu'il ne connaîtrait surement jamais. Ses parents étaient étranges en quelque sorte, ils voulaient qu'elle soit prête. Cependant, ils n'ont jamais eu le temps de lui dire de quel mal elle devrait se protéger à l'avenir. Tout ce qu'elle se rappelait, c'est cet appartement secret dans les bas-fonds de la ville. Elle ne s'y était plus rendue après leur mort, c'était le seul vrai souvenir de temps important avec eux. Cet appartement était en fait un passage vers un endroit étrange, où elle avait été entrainée à la survie, la chasse, le combat, la tactique et bien plus encore. C'est littéralement l'entrainement d'un soldat que ses parents s'évertuaient à lui fournir. Dans ces moments, ils étaient froids, intransigeants. Mais elle se sentait proche d'eux, quelque chose dans ces entrainements lui disait que plus elle devenait forte, plus elle allait les comprendre. Bien sûr après ces entrainements ils passaient du bon temps ensemble. Ils n'étaient pas seuls, quelques personnes étaient présentes de temps à autre pour parler ou préparer des projets qui lui sont restés inconnus. Cependant, dans ces situations il n'y avait pas de retenue de langage, les gens parlaient comme leur coeur le dictait. Ce n'était pas nécessairement des gens de la haute, des gens érudits, mais chacun d'eux avait quelque chose à apprendre à l'autre, tous avaient un point commun, ce but qu'elle n'avait jamais pu connaître. Dans tous les cas, tous les gens qui se réunissaient dans cette salle formaient une fraternité, fier et fidèles les un envers les autres peu importe les différences. Le lien qui les unissait étant trop puissant pour que des discordes de pacotille viennent les séparer. Au final, elle avait acquis vigueur, résistance et agilité au fil des années, mais jamais son corps n'avait changé. Aux yeux de tous, elle était encore la petite Sasha toute faible qui ne savait pas se défendre et cette vision que les gens de l'Eden avaient d'elle lui convenait. On ne lui cherchait pas d'ennui et ne lui accordait pas d'attention. Il faut dire que ce trait physique chez elle plaisait beaucoup à ses parents, ils savaient que si un jour elle avait à disparaître dans la foule être petite et frêle l'aiderait beaucoup.

Puis elle repensa à ce qu'elle venait de lui dire. Pour elle, il était évident qu'elle s'était trahie et qu'il savait maintenant qu'elle n'hésiterait pas à se laisser faire s'il avait l'idée de l'embrasser. Mais non, rien ne se passa. Il répondit cependant par une remarque humoristique qui la frappa de plein fouet. Elle n'y avait jamais pensé elle-même, mais jamais personne d'autre que lui n'avait déjà franchi le seuil de sa porte. Il aurait très bien pu prendre cette proposition au pied de la lettre et en profiter, mais il n'était pas comme cela. Non, c'était bien l'un des traits qui l'attirait vers lui. Il était respectueux envers elle, faisant attention à elle et voulant la protéger. Doucement, elle s'approcha de quelques centimètres sans vraiment penser puis s'arrêta sans dire un mot. Elle ne savait pas quoi répondre pour lui faire comprendre qu'il était le seul à avoir ce droit sans trahir ses sentiments. Puis discrètement, elle eut un petit sourire et dit avec amusement.

-Non non, tu sais bien que tu es un chanceux toi.

Elle éclata de rire, un rire franc et heureux. Cacher tout au fond de son esprit un doute était présent, criant à la jeune femme qu'elle en faisait trop et qu'il allait prendre la plaisanterie au pied de la lettre. Cependant, le mal était fait, elle ne pouvait pas lui dire un truc du genre, oubli ce que je t'ai dit, c'était con. En même temps, elle était persuadée qu'il n'avait aucun sentiment pour elle, il ne pouvait tout simplement pas relever cette plaisanterie comme l'avance qu'elle était.

Un sourire se dessina à nouveau sur ses lèvres lorsqu'il lui parla de CREATURE, la jeune femme y allait tous les jours pour s'entrainer. Elle hochait doucement la tête en pensant à Raphaeli Da Vinci Di Napoli. Pour elle ce n'était pas seulement un personnage, c'était une partie d'elle. Puis, tout à coup, elle perdit son sourire et devint totalement sérieuse. L'entrainement des assassins et celui que ses parents lui avait donné était tellement similaire, la manière d'agir de ces gens qu'elle n'avait jamais pu connaître si proche de cette fraternité d'assassin. Se pouvait-il que ses parents faisaient partit d'une confrérie ayant décidé de combattre Eden pour que les habitants de la cité puissent à nouveau être libre de leurs choix? Définitivement, ce jeu de complot et d'assassinat l'avait renvoyé vers un monde qu'elle semblait déjà connaître. Bien sûr elle n'avait jamais entendu parler de credo ou de règles comme dans ces jeux, mais au final les actes et les buts ne semblaient pas si différents.

Elle secoua la tête et le regarda quelque peu troubler, se demandant si cette idée si étrange pouvait être vérifiée. Mais ce n'était pas le moment, Sloan lui avait proposé d'allez sur CREATURE et c'était une très bonne idée. Elle lui sourit à nouveau et dit de sa voix douce et calme.

-C'est une très bonne idée, je crois bien que c'est le bon moment que Raphaeli me change les idées.

En effet, dans un sens elle avait besoin de retourner dans cette ancienne vie, cette vie d'entrainement qui l'avait préparé à ce genre de combat. Elle avait adapter ses connaissances de combat au couteau avec les lames secrètes, ce qui n'avait pas été très compliqué vu que ses parents utilisaient une méthode similaire pour dissimulé leur couteau en entrainement. L'escalade, le combat, la course, l'endurance, elle avait fait Raphaeli à son image. Elle était capable de faire tout presque aussi bien que lui, bien sur l'effet virtuel et des packs compétences qui viendraient plus tard les distingueraient. Si elle avait souligné le fait qu'elle avait créé son personnage à partir de ses propres capacités physiques, le jeune homme aurait ri d'elle, elle avait l'air tellement faible qu'il était difficile de l'imaginer en train d'escalader un bâtiment.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


► Fiche Avatar ◄
• Niveau: 1
• Expérience:
5/25  (5/25)
• Compétences:

Messages: 43
Kinies: 360
Réputation: 37
Date d'inscription: 16/02/2012
Localisation: Eden... dans le Nord.


MessageSujet: Re: Entre Nietzsche et Molière. Sam 18 Fév - 6:44

Ouf. Le sujet de passer une nuit chez elle avait été effacé et semblait déjà oublié. La magie même du mot Creatures avait, comme qui dirait, ce « pouvoir ». Passé au sujet agréable d'évoquer la connexion au jeu virtuel, ils se décidèrent donc à aller tout droit à la Salle de Jeux. Sloan rangea prestement ses dernières petites affaires au fond de sa besace et, ensemble, leurs mains si proches l'une de l'autre mais qui pour rien au monde ne se risquerait à attraper celle de l'autre, ils quittèrent la bibliothèque.

Ils marchèrent ainsi, quasiment comme des automates car très habitués à ce chemin. Les trottoirs étaient propres, blancs, comme les bâtiments majoritairement. Cette blancheur éclatante était là pour tenter, en vain, d'éclaircir les lieux. Le soleil était rare car des nuages gris, lourds et épais, par-delà le toit transparent du dôme, cachait constamment le soleil, devenu terne. Ses rayons réchauffaient si peu la nature d'Eden, celle-ci luttait misérablement grâce à des engrais surpuissants et des émanations solaires artificielles une fois par semaine. Cela aidait à l'oxygène mais demandait un boulot monstre. Les personnes les plus faibles intellectuellement, s'ils n'étaient pas nettoyeurs ou ouvriers, finissaient la plupart du temps dans un job sur l'entretien de la nature d'Eden. C'était encourageant de voir des offres d'emploi naître ainsi, mais cela était moins agréable de se dire que sans l'homme, la nature elle-même crèverait, celle qui nous avait en quelque sorte vu naître il y a des millions d'années, nous a nourri et protégé et abrité et soigné. Notre mère, au final.

Toutefois, ce genre de pensées ne traversait quasiment plus l'esprit des habitants. Habitués à cet environnement où l'artificiel prônait sur le naturel, leur ciel toujours sombre n'était qu'un élément du décor du quotidien. La météo n'avait, pour ainsi dire, pas vraiment d'existence. Elle était, elle aussi, contrôlée, et la pluie comme le beau temps étaient décidés à l'avance. Ils essayaient de recomposer les saisons ; mais les canicules et les tempêtes de neige n'existaient plus, et la température ne dépassait jamais 30°C et descendait rarement dans en-dessous de 0°C. Cela aurait pu être triste pour les vieilles personnes ayant connu les dernières vraies saisons, quoique chamboulées par le réchauffement climatique. Mais pour les jeunes comme Sasha et Sloan, s'en attrister ne se faisait même pas.

Ainsi, ils allèrent ensemble à la Salle des Jeux, sous un ciel continuellement gris et nuageux, sous un dôme de verre gigantesque, pensant déjà à ce qu'ils feraient ensemble dans le jeu.



[suite : à venir]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Entre Nietzsche et Molière.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Arrivée de Moliere, Flily et leurs enfants
» Une ballade entre ... Amis? ( Roberichou' ) <3
» Entre meilleures amies [Claire]
» Entre dans le coeur de Levi...
» Distance kilométrique entre différentes villes

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Creatures :: Eden :: ► Quartier d'études :: ► Grande bibliothèque-